Dossier HERA – Engagement N°30 – Décembre 2017

 Hera : un projet de l’Anesf pour éduquer et sensibiliser aux relations affectives et sexuelles, et à la santé génésique des femmes

La promotion de la santé sexuelle et reproductive s’est grandement développée ces dernières années, on voit apparaître cette notion pour la première fois dans le code de la santé publique à l’occasion de la loi du 26 janvier 2016 de modernisation de notre système de santé. Toutefois, malgré ces avancées récentes, cette notion se heurte encore aujourd’hui à un phénomène de “censure” dans la société.

Les constats en France dévoilent pourtant la nécessité de développer la prévention dans ce domaine :

On estime que moins de 65% des françaises participent au dépistage du cancer du sein (organisé ou individuel) dans l’intervalle de temps recommandé1. Ce constat est encore plus inquiétant pour le cancer du col de l’utérus, avec un taux de dépistage inférieur à 60%2. Concernant les comportements, malgré de nombreuses campagnes d’information menées par les institutions, professionnels ou associations, on remarque une baisse de vigilance envers les Infections Sexuellement Transmissibles (IST), notamment chez les jeunes, avec une diminution de l’usage du préservatif, et un sentiment de désinformation sur le SIDA3. Ceci est à l’origine d’une augmentation de certaines infections telles que le Chlamydia ou Gonocoque, ou encore une recrudescence de la Syphilis.

Enfin, la question se pose sur les connaissances concernant la contraception : en effet d’après le baromètre santé 2016, la pilule est toujours la méthode de contraception la plus utilisée, sans être pour autant la plus adaptée à chacune, et souvent à l’origine de nombreux oublis. On commence cependant à observer une baisse de l’utilisation de la pilule au profit du stérilet. On voit également une stagnation du nombre d’IVG, la majorité de ces grossesses survenant chez des femmes sous contraception4.

De ce fait, à l’ère du développement de politiques publiques telles que la Stratégie Nationale de Santé Sexuelle, l’Association nationale des étudiants sages-femmes (Anesf) a lancé en février 2017 le projet Hera, projet d’éducation en santé sexuelle et affective, à destination des femmes et des jeunes.

La stratégie de ce projet se base donc sur des objectifs d’accès au soin égalitaire entre les différents sexes et les différentes populations, une santé sexuelle satisfaite et sécurisée, et une diffusion d’outils à la population pour améliorer leur santé, en mettant en avant l’expertise des sages-femmes et des étudiants sages-femmes dans cette éducation.

Pour atteindre ces objectifs, les différents moyens à mettre en place s’articulent autour de trois axes principaux :

La prévention des cancers gynécologiques : cancer du sein et cancer du col de l’utérus

Le constat introductif nous démontre qu’il est indispensable de favoriser l’information et la sensibilisation des femmes sur ce sujet.

Les objectifs sont simples : mettre en avant un accès au soin pour toutes les femmes, avec notamment des parcours de soins identifiés autant pour la population que pour les professionnels de santé ; reconnaître la sage-femme comme acteur principal de ces parcours de soins, une revendication que l’Anesf porte depuis plusieurs années, notamment depuis l’élargissement de ses compétences dans le champ gynécologique. Ces objectifs témoignent de la volonté active de l’Anesf à encourager les mesures préventives nécessaires afin d’améliorer la santé des femmes.

A l’occasion de la généralisation en France du dépistage organisé du cancer du col de l’utérus, un état des lieux sur la prévention de ce cancer sur le territoire français fut diffusé en Février 20175. En conclusion de ce document, une plaquette comportant des informations sur le virus HPV, la vaccination et le frottis cervico-utérin fut réalisée, le but étant de diffuser cette plaquette au grand public.

En complément, différents outils sont destinés à voir le jour, concernant la prévention du cancer du sein, l’Anesf étant impliquée dans la prévention de ce cancer.

L’éducation à la vie Sexuelle et affective :

En dépit de nombreuses initiatives mises en œuvre sur le territoire, celles-ci sont encore trop peu promues et disparates. Par ailleurs, l’un des objectifs de la stratégie nationale de santé sexuelle est de renforcer la formation en santé sexuelle notamment chez les professionnels de santé. Certaines formations en maïeutique disposent d’enseignements obligatoires pour la mise en place de ce type d’actions. Si celles-ci ne sont pas intégrées dans le cursus, ce sont très souvent les associations étudiantes qui s’investissent. De ce fait l’Anesf a pour but de collaborer avec les acteurs territoriaux responsables de ces interventions, et de créer un pool d’étudiants sages-femmes formateurs en santé sexuelle, avec un programme national de formation pour ces bénévoles. Ce type d’initiative pourrait également se concilier à la mise en place prévue d’un service sanitaire pour les futurs professionnels de santé.

Afin d’accompagner les associations de son réseau à préparer ces interventions, l’Anesf souhaite, par ailleurs, développer un support ludopédagogique, adapté à la prévention auprès des publics les plus jeunes.

À terme, un travail collaboratif avec le Ministère de l’éducation nationale permettrait d’élaborer un enseignement plus efficient et adapté, inclus dans le programme scolaire du cours élémentaire à la fin du secondaire. L’Anesf prône également la mise en place de permanences de sagesfemmes au sein des collèges, lycées, et maisons des adolescents qui contribueraient, en plus du travail effectué par les infirmières scolaires, à une éducation des jeunes sur le sujet et à aider à défaire les “tabous” actuels sur la vie affective et sexuelle. L’introduction d’une consultation d’information et sensibilisation à la vie affective dans le parcours de soins d’une jeune fille, de 12 ans à la veille des 18 ans, réalisée par une sage-femme, un médecin généraliste ou un gynécologue, permettrait là encore de pallier à ce manque d’éducation sanitaire. Ces objectifs témoignent de la volonté active de l’Anesf à encourager les mesures préventives nécessaires afin d’améliorer la santé des femmes. De surcroît, l’Anesf est engagée activement dans la lutte contre les violences faites aux femmes depuis la création de la Mission Interministérielle pour la protection des femmes victimes de violence et la lutte contre la traite des êtres humains (MIPROF), ayant permis de former des étudiants sagesfemmes sur cette thématique. Ces futurs professionnels sont des interlocuteurs pertinents dans le cadre d’interventions sur l’éducation à la vie affective et sexuelle.

La sensibilisation À la contraception :

Comme évoqué précédemment, l’accès à une méthode contraceptive a évolué de façon significative ces dernières décennies. De fait, selon le baromètre santé de 2016, 71,9% des femmes sexuellement actives utilisent une méthode de contraception. La pilule, concernant 36,5% des femmes, reste le moyen de contraception le plus utilisé, mais malheureusement pas le plus adapté à toutes. Le rôle de la sage-femme dans le suivi gynécologique de prévention est primordial et doit être reconnu. La sensibilisation des jeunes filles avant le début ou au commencement de leur activité sexuelle est nécessaire afin qu’elles se sentent en capacité d’agir et de choisir de manière éclairée. Par ailleurs, l’Anesf, dans son action, a pour habitude de collaborer avec les autres fédérations des étudiants en santé. L’Association Nationale des Étudiants en Pharmacie de France (ANEPF) a lancé récemment le projet de santé publique « Médic’Action », qui promeut au grand public les rôles du pharmacien ainsi que l’utilisation du médicament. Dans cette optique d’interdisciplinarité, l’Anesf et l’ANEPF lanceront en décembre prochain, à l’occasion des 50 ans de la loi Neuwirth sur la légalisation de la contraception une campagne de prévention, sous forme ludique et pédagogique à destination des jeunes. L’apport mutuel des compétences de chacun permettra de sensibiliser un plus grand public. Par la suite, un travail de communication avec le Planning Familial et/ou le Ministère des Affaires Sociales et de la Santé pourrait aboutir à la création d’outils innovants en matière d’éducation. Enfin, au vu des différentes problématiques évoquées concernant la santé sexuelle, l’Anesf, par l’intermédiaire d’outils adaptés, souhaite mettre en place l’observatoire Hera en santé sexuelle, afin d’évaluer les différentes évolutions de comportement chez les jeunes. Celui-ci sera mis en place par l’intermédiaire d’enquêtes et d’outils adaptés pour avoir une évaluation significative de la population. Cet outil permettra donc de définir des cibles, d’établir de nouveaux objectifs pour les futures campagnes à venir, et de pérenniser ce projet. Ainsi, par la mise en œuvre d’une stratégie développée en termes d’outils et d’objectifs, l’Anesf a pris à cœur d’œuvrer pour une sensibilisation et une éducation à la santé sexuelle, et ce, dès le plus jeune âge.

 

Clara Le Stum, Chargee de mission en charge de la Sante Publique et de la Prevention 2016 – 2017

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