La Grande Conférence de Santé – Engagement N°26 – Mars 2016

Dans le cadre de la Stratégie Nationale de Santé débutée le 8 juin 2013, le système de santé français s’est vu porté au premier plan des diverses opérations médiatiques. Nous avons tout d’abord pu suivre les différentes étapes du long chemin parsemé d’embûches de la Loi de Santé votée et publiée au journal officiel le 26 janvier dernier.

Suite à cette loi qui a énormément fait débat et pour réconcilier les professionnels avec les orientations prises par le gouvernement, est arrivée la préparation de la Grande Conférence de Santé. Lancée à l’initiative du Premier Ministre Manuel VALLS et pilotée par Mme Anne Marie BROCAS Présidente du Haut Conseil pour l’Avenir de l’Assurance Maladie et Mr Lionel COLLET Conseiller d’État, ancien directeur de cabinet de Geneviève Fioraso, le 22 juin 2015.

Cette préparation avait comme objectif d’établir des concertations pendant plusieurs mois  pour aboutir à la GCS en début d’année 2016 avec l’annonce de plusieurs mesures concernant notre système de santé et la formation des étudiants et professionnels.

Après création du comité de pilotage, les différents travaux ont été lancés regroupant les représentants des étudiants et des professionnels de  santé (associations et syndicats), les représentants des patients, les directeurs et directeurs généraux  des hôpitaux et autres représentants du monde de la santé,autour de trois grandes thématiques :

  • La formation initiale et continue des professionnels de santé, en y alliant la recherche
  • Les métiers et compétences
  • Les parcours professionnels et les modes d’exercice

Plusieurs réunions et groupes de travail se sont  donc  succédés de juillet 2015 à décembre 2015 auxquels les représentants des sages-femmes et des  étudiants ont bien sûr assisté.

Après ces quelques mois de concertations, concluant à plus de 300 participants et quelques 90 contributions,s’est tenue la Grande Conférence de Santé le 11 février 2016 au CESE.

Suite à une journée de plénières et de tables rondes, Manuel VALLS a conclu cette journée par des annonces officielles. S’en est suivie la diffusion de la feuille de route du gouvernement concernant la politique de santé.Ainsi, 22 mesures ont été rédigées et devront être appliquées ou mises en place d’ici les prochaines élections présidentielles de 2017.

Parmi ces nombreuses mesures certaines ont plus ou moins d’impact pour la formation de sage1 femme, voici développées certaines qui pourront attirer votre curiosité.

A travers l’objectif d’innover pour mieux former les professionnels de santé, le gouvernement a choisi de garder le numerus clausus. Il a cependant affirmé sa volonté de prendre (plus) en compte les besoins régionaux en terme de santé publique. C’est l’Observatoire National de la Démographie des Professions de Santé (ONDPS), dont l’Anesf est membre de droit, qui s’occupe d’établir chaque année le Numerus Clausus pour les formations des professions médicales et pharmaceutiques. Cette mesure ne conduit pas totalement à la régionalisation du Numerus Clausus, auquel les étudiants étaient fortement opposés, mais rappelle qu’actuellement le numerus clausus ne répond plus aux besoins des professionnels de santé, et est utilisé comme outil de sélection dans les formations.

On retrouve également le développement des passerelles pour les étudiants ayant eu la moyenne mais n’étant pas autorisés à poursuivre leurs études dans les différentes filières proposées en PACES afin qu’ils puissent se réorienter sans avoir à recommencer en 1ère année dans une autre filière. Dans une même optique, il en ressort la volonté de multiplier et développer les expérimentations PACES dans le but de diversifier les profils des étudiants pour les formations de santé et également d’augmenter et diversifier les débouchés possibles à la sortie d’une PACES. Le gouvernement a d’ailleurs fait le choix de nommer une personnalité pour accompagner les Universités en cours d’expérimentation ou celles qui seront volontaires. L’Université d’Angers avec son expérimentation PluriPASS semble être la bonne candidate.

Une des mesures remarquées de cette feuille de route et demandée par les étudiants concerne la création de passerelles permettant aux paramédicaux diplômés de reprendre le cursus des études médicales ou pharmaceutiques en 2ème ou 3ème année suivant les niveaux et compétences qui leurs sont reconnus comme cela existe déjà pour certains diplômes.

Le gouvernement marque également son désir de rapprocher les formations paramédicales et de sage-femme de l’Université en mettant en place des discussions avec les régions afin que celles-ci comprennent la nécessité et l’utilité d’un travail de convergence des droits aux bourses. Le but étant qu’à terme toutes les filières sanitaires et sociales puissent accéder aux mêmes droits que les étudiants universitaires et à tous les services du CROUS. Cette victoire est en particulier due au travail commun de communication entre l’Anesf, la FNESI (étudiants en soins infirmiers), la FNEK (étudiants en kinésithérapie), l’UNAEé (étudiants en ergothérapie) et l’ANEP (étudiants en psychomotricité). Dans une même logique d’idée, il a également été annoncé comme objectif à court terme de confier l’encadrement pédagogique des formations paramédicales aux Universités. Les travaux de conventions seront ainsi développés, en améliorant les accès aux services universitaires, et les modalités de délivrance des diplômes adaptées au système universitaire afin qu’en finalité les étudiants des formations paramédicales soient sanctionnés de diplômes universitaires.

Dans le but de développer la culture de l’interprofessionalité et du travail en équipe, des temps de formation théorique et pratique vont être développés. Un groupe de travail va être organisé avec les différents acteurs concernés pour définir quel sera le socle commun à toutes ces filières, c’est à dire quelles pourront être les unités d’enseignement mutualisées et les modalités de mise en place de cette mutualisation. Des stages au sein des autres professions ou des mises en situation ainsi que des études de cas seront les outils de cette orientation pluridisciplinaire qui devrait voir le jour au cours de l’année 2017.

Enfin parmi toutes ces directives et orientations, la mesure 11 ressort particulièrement du lot. Elle prévoit en effet, le développement de l’accès aux formations à la recherche pour tous les étudiants en Santé. De plus elle implique également pour la profession de sage-femme l’émergence(d’un( corps d’enseignants chercheurs en maïeutique ! C’est la première fois que cette thématique est écrite sur une feuille de route gouvernementale. C’est une avancée importante pour notre formation et notre profession, et laisse à penser que des évolutions favorables seront possibles dans un futur proche. L’Anesf sera bien sûr présente pour veiller à l’application de ces mesures, et saura rappeler au gouvernement ses engagements.

Benjamin ROCHETEAU, VP Etudes Maïeutiques 2015 – 2016

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