Témoignages

Les étudiants sages femmes racontent … 

 

Leur manque de considération 

« En effet je vis (ou plutôt je survis) au quotidien entre l’intimidation de la direction, les lieux de stages imposés, les emplois du temps qui changent sans arrêt, la filtration d’informations, l’avancement de frais pour les stages non remboursés à ce jour, le manque de respect par ce qu’on est « encore » étudiante ou le fait de devoir se justifier pour chaque absence (J’ai dû fournir un certificat de décès pour prouver que ce que je disais n’était pas un mensonge) »

 

Leur fatigue

« Aujourd’hui, je pleure régulièrement le soir en rentrant de l’école en me demandant comment je vais bien pouvoir tenir jusqu’à la fin… Je fais des croix sur le calendrier à chaque fin de semaine, ça m’aide, je me dis que c’est encore une semaine ou j’ai tenu bon, une semaine ou j’ai survécu. J’espère que je tiendrais jusqu’au bout … »

 

Leurs blessures

« En Esma3, en salle de naissance, la sage-femme avec qui je suis de garde refuse de répondre à mes questions car elle les juge « trop bêtes » et s’étonne que j’aie réussi le concours car « [je] ne [suis] vraiment pas fût-fût ». »

 

Leurs difficultés

« Dans nos études personne ne nous demande comment on se sent face à cela. A chaque mort fœtal in utéro ou la naissance, personne ne demande comment on va. Il y a aucun suivi psychologique, on fait face avec toute notre insouciance d’étudiante à la mort, à la perte d’un enfant, à des bébés malades, polymalformés, des femmes seule, sans abris, des femmes battues, violées… Sauf que nous on s’attache à ces patient(e)s, on s’attache à leur famille, car nous n’avons pour le moment de l’empathie. Et ça on ne le reproche souvent, nous étudiante, d’avoir trop d’empathie, trop de relationnelle avec les gens. … Mais c’est pour cela qu’on a fait ce métier non ? Avoir de l’empathie, de la sympathie envers ses patientes, on veut respecter leur intimité, on veut que leur maternité et leur accouchement soit leur plus beau souvenir, ou soit le moins pénible possible si quelques choses se passent mal… Etudiante, nous avons toute la même angoisse.. Devenir aussi antipathique et aussi méchante envers nos patientes et nos étudiantes. »

 

Leurs angoisses

« A un moment il y avait 2 hémorragies de la délivrance en même temps. Personne n’était disponible pour aider le médecin, alors le médecin a décidé que 2 étudiantes viendraient l’aider… cependant nous n’avions jamais vu et vécu cette situation… c’était affreux ! Comme il y en avait 2 en même temps, et qu’un médecin n’a pas 4 mains… Il nous a laissé seules avec la patiente en train de masser l’utérus pour limiter les saignements… Nous étions terrorisées, mais il  ne fallait pas le montrer à la patiente !»

 

Leurs maltraitances

« A chaque acte que je pratiquais et dont j’avais l’habitude, elle me tapait sur les mains pour me dire que c’était pas bien, que c’était pas comme ca qu’elle faisait…Cette nuit-là, la garde était très chargée, et du coup elle ne m’appelait jamais par mon prénom  (j’étais l’étudiante sage-femme), elle me tirait sur la manche pour que je la suive comme si j’étais un enfant alors que j’ai 22 ans..»

 

Leurs humiliations

« Pendant la garde, les sages-femmes parlent de nous étudiantes, et elle ne savent pas que nous on les entend… elles se moquent de la plupart d’entre nous, car on a fait tel ou tel chose…»

 

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