Réforme de l’Entrée dans les Etudes de Santé

     Trois mois après la rentrée universitaire 2020 et donc la mise en place de la réforme,
nous constatons déjà les ravages qu’elle cause chez les étudiants.
Nous constatons la dégradation criante de leur santé mentale.
Nous constatons tous les jours les inquiétudes des étudiants, leur appel à l’aide en quête de réponses et leur détresse psychologique.
Trois mois après la rentrée universitaire 2020, le constat est sans appel : l’objectif de diminution des troubles psycho-sociaux par rapport à la PACES n’est pas atteint, bien au contraire.
     La crise sanitaire ne facilite pas les choses, et nous en sommes conscients, mais elle ne peut expliquer toutes les dérives que nous constatons et qui sont relatées dans ce rapport. Qu’attendons-nous pour prendre en main cette réforme et assurer des jours meilleurs aux étudiants en santé ?

     Ce rapport, co-construit avec l’expertise de l’ANESTAPS et l’ARES, représentants de filières hors santé impactées par cette réforme via les L.AS, ainsi qu’avec celle de la FAGE, fait ainsi un état des lieux de la mise en place de la réforme dans les études de santé à ce jour. L’ANEMF, l’ANEPF, l’ANESF, la FNEK et l’UNECD, fédérations représentantes des étudiants en santé, ont pour vocation de défendre les intérêts des étudiants et futurs étudiants dans cette réforme. Nous revendiquons une application juste de la réforme au niveau local en se basant sur les ambitions premières de cette réforme : diversification des profils, orientation active dès la première année, accompagnement des étudiants et diminution des troubles psycho-sociaux, ainsi qu’une sélection plus juste et adaptée aux besoins réels du système de santé. Afin que les espoirs fondés sur ces ambitions ne se perdent pas comme ils se sont perdus avec la PACES, nous réaffirmons nos exigences dans l’application de la réforme. Nous ne saurons accepter la trajectoire que celle-ci prend actuellement.

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REVENDICATIONS

Partie 1 : Limiter le gâchis humain en favorisant l’orientation et facilitant la réorientation

1.Assurer une communication efficiente entre les différents acteurs locaux de la mise en place de la réforme

2.Réfléchir à la pertinence des voies d’accès proposées et adapter les places offertes selon les souhaits d’orientation des étudiants

3.Travailler sur l’orientation en amont des études supérieures

4.Reconnaître le rôle majeur des tutorats dans l’orientation des lycéens et les soutenir dans leurs démarches

Partie 2 : Rendre la première année formatrice et non plus uniquement sélective

1.Mettre en place des programmes cohérents en PASS et en L.AS

2.Réfléchir à l’articulation entre les enseignements de santé et les enseignements disciplinaires

3.Proposer des mineures cohérentes avec le projet professionnel

4.Repenser le premier cycle des études de santé dans sa globalité

5.Permettre au module de découverte des métiers de la santé d’être un réel appui dans l’orientation des étudiants

6.Accompagner le développement des tutorats de toutes les filières

7.Repenser la pédagogie lors de ces années et créer de nouvelles initiatives pédagogiques

Partie 3 : Une sélection plus juste combinant capacités d’accueil et besoins du système de santé

1.Rappeler aux universités de décider au plus vite des modalités utilisées pour les oraux, en concertation avec les élus étudiants et tutorats, et de les diffuser aux étudiants

2.S’assurer d’une mise en place homogène des PASS et L.AS pour toutes les filières de santé, que ce soit en termes de programme ou d’examens

3.Réfléchir à des modalités d’examens écrits plus pertinentes

4.Intégrer les étudiants dans les concertations sur les objectifs pluriannuels d’admission

5.Proposer une préparation aux épreuves de sélection de qualité, ne se reposant pas sur les tutorats