2 ans après, les CESP enfin accessibles aux étudiant·e·s sages-femmes
Attendu depuis 2023, le décret cadrant l’élargissement des Contrats d’Engagement de Service Publique (CESP) pour les étudiant·e·s sages-femmes a enfin été publié ce mardi 6 janvier au Journal Officiel.
Auparavant accessible uniquement pour les étudiant·e·s en médecine et en odontologie, la loi dite “Valletoux” du 27 décembre 2023 a étendu l’accès aux CESP aux étudiant·e·s sages-femmes dès la 2ème année de formation. Pour autant, jusqu’au 6 janvier dernier, le décret cadrant cette mesure n’était pas paru. L’ANESF se réjouit de cet accès pour les étudiant·e·s sages-femmes mais reste vigilante concernant le cadrage global du dispositif, dont l’arrêté le régissant n’a pas encore été publié.
Les études de sage-femme, formation à une profession médicale, il paraît évident que les indemnités mensuelles et les modalités d’accès soit égales à celles des étudiant·e·s en médecine et en odontologie. Pour autant, un cadrage spécifique est nécessaire pour les étudiant·e·s sages-femmes : les études de sage-femme comptent peu d’étudiant·e·s (moins de 4 000 au niveau national), ce qui limiterait grandement le nombre de contrats, si le dispositif était appliqué proportionnellement. Cela jugé insuffisant pour répondre aux besoins démographiques et aux demandes des étudiant·e·s, et entraînerait une sélection importante face au nombre de candidatures. L’ANESF demande :
- à ce que le nombre de contrats ouverts pour les étudiant·e·s sages-femmes soit adapté en fonction du taux de demande des étudiant·e·s et des problématiques démographiques ;
- que les places non pourvues dans une région puissent être redistribuées à d’autres régions selon les besoins.
Au-delà de ça, l’accès au CESP ne peut, à lui seul, répondre à la crise d’attractivité et de précarité que traverse la filière sage-femme. Les étudiant·e·s font face à des frais de rentrée toujours plus élevés et à des déplacements nombreux et coûteux pour leurs stages, sans reconnaissance à la hauteur des contraintes subies. Face à cette situation, l’ANESF appelle à mettre en œuvre des mesures concrètes et urgentes : indemnisation des frais de déplacement à leur juste valeur dès le premier cycle, revalorisation du statut d’étudiant·e hospitalier·ère, majorations pour les nuits, week-ends et jours fériés, ainsi qu’une réforme des bourses. Ces actions sont indispensables pour garantir des conditions d’études dignes et redonner de l’attractivité à la filière.
Leïla Jamin, Porte-parole de l’ANESF 2025–2026
